logoCollectif Urgence Palestine
nouvelles directes de Palestine:



>> autres articles et témoignages




récits de Sandrine:
>> Appel urgent 02/06/10
>> A qui appartient le patrimoine des territoires palestiniens? 28/02/10
>> les exactions des colons continuent 17/12/08
>> Clashes à Hébron, pour ne pas dire terrorisme! 05/12/08
>> Une situation de plus en plus intenable 19/11/08
>> Tour archéologique alternatif à Silwan 19/09/08
>> Oush Grab... prochain avant-poste de colons? - 10/06/08
>> Commémoration de la Nakba - 20/05/08
>> Pas d'école pour les enfants de Bethléem - 30/01/08
>> Visites de colonies en Palestine - 28/11/07
>> Visite d'un site archéologique en zone C - 05/11/07
>> comme du bétail! - 17/10/07
>> septembre, le mois des fêtes religieuses et des tensions - 28/09/07
>> la rentrée palestinienne - 09/07
>> en Palestine de 48 - 25/07/07
Quelques jours de vacances en Palestine de 48
st jean d'acre
par Sandrine
Betlehem - juillet 2007

Bonjour à toutes et tous

Nous venons de passer quelques jours de vacances en Israël ou plus précisément dans quelques villes palestiniennes d’Israël. On en a profité pour faire de sympathiques visites et quelques bains dans la mer fort appréciés par la chaleur qui règne ici. La voiture a tenu le coup! Un miracle, juste quelques bruits suspects, et la perte d’un rétroviseur sur l’autoroute.

Mais aussi nous avons appris beaucoup sur la condition de vie des Arabes Palestiniens d’Israël et de la discrimination à leur égard, sans oublier la « guerre démographique » actuelle.

Tout d’abord deux jours à Saint Jean d’Accre. La vieille ville révèle un riche patrimoine (caravansérails, Khans, citadelle, mosquée, etc.) et un petit port de pécheurs plein de charme, sans oublier une atmosphère particulière dans le souk animé. Mais derrière cette façade se cache la réalité du quotidien des 28% d’Arabes palestiniens qui vivent essentiellement dans la vieille ville. Les conditions de vie sont difficiles, problèmes économiques et sanitaires importants. Le gouvernement israélien ne fait aucun investissement financier pour contrer la misère qui s’installe dans la vielle ville à forte majorité palestinienne, si ce n’est dans quelques lieux touristiques, mais l’état de décrépitude général des bâtiments d’habitation est affligeant. Par contre, les moyens sont mis en œuvre pour l’expansion de la ville nouvelle, habitée essentiellement par des immigrés juifs russes et éthiopiens. Bon, faut tout de même admettre que cette ville nouvelle ressemble à une cité dortoir plutôt délabrée, sans véritable centre ville, des rues droites bordées d’immeubles d’aspect rebutant. Seules notes de couleur: de très nombreuses et grandes places de jeux pour les enfants.

Tout comme Bissane, Ramleh (au même aspect)…Ces villes sont souvent des lieux de passage pour les nouveaux arrivants juifs qui espèrent pouvoir quitter ces lieux pour des villes plus attractives. Mais le plus important pour le gouvernement israélien est de modifier la structure démographique des régions à majorité arabe…Le plus important est la quantité de ces nouveaux arrivants et non leur qualité de vie.

st jean d'acreNazareth, encore un exemple de discrimination. La ville compte actuellement 70 000 habitants palestiniens musulmans et chrétiens. Là encore toujours le même constat de la négligence volontaire du gouvernement israélien d’investir dans cette ville. Nombreux bâtiments de la vieille ville dans un état d’abandon. La densité de population est très importante car la superficie de la municipalité de Nazareth ne s’est jamais agrandie, alors que la population est passée de 14 000 habitants en 1948 à 70 000 aujourd’hui. Et cette poussée démographique alarme les Israéliens qui ont décidé d’installer une nouvelle ville juive juste à côté de Nazareth, Nazareth Illit comprenant actuellement 40 000 habitants et de deux zones industrielles (50 et 34 hectares) qui polluent les terres de Nazareth. Pour la construction de Nazareth Illit, « zone de développement prioritaire », de nombreuses terres palestiniennes ont été et sont actuellement confisquées. Le constat est affligeant, Nazareth Illit ressemble à une colonie telle que celles que l’on trouve en Palestine, des ensembles de maisons et immeubles entourées de murs, au toit en tuiles, à la structure rectiligne et peu attirante qui ne s’intègre pas dans le paysage. La ville nouvelle surplombe la ville historique de Nazareth, véritable forteresse agressive, et peu à peu des enclaves grignotent les terres et quartiers palestiniens. Quant à l’ensemble des structures et services gouvernementaux, ils ont été déplacés vers Nazareth Illit. Je ne peux que donner le nom de colonie à ce type de nouvelle ville car même si nous sommes en Israël, des terres sont confisquées, des personnes encore « déplacées » et ces villes ressemblent fortement à la définition de l’ATG des colonies de Cisjordanie: « Le trait caractéristique de toutes les colonies est leur plan urbain. Leur localisation et leur construction sont soumises à l’accord préalable de plusieurs ministères. Mélange d’architecture civile et militaire, elles répondent à une double fonction, à la fois agressive et défensive. Installées le plus souvent en cercles concentriques sur le sommet des collines, leur position leur assure un contrôle territorial et militaire des environs. L’aspect uniforme des constructions, bâtiments serrés et alignés, répond lui aussi à toutes ces exigences, y compris financières ».

Donc en 60 ans, les arabes palestiniens d’Israël n’ont jamais été intégrés, pire tout est encore mis en œuvre pour les inciter à partir.

Nous avons fait une petite halte pour visiter le site archéologique de Bissane. La ville palestinienne a été totalement rasée en 1948 et ses 6 000 habitants musulmans et chrétiens déportés. Ben sur la chronologie du site qui part du fin fond de la préhistoire jusqu’à aujourd’hui, un « petit » vide chronologique entre 1917 (fin période ottomane) et 1948 (construction de la ville juive de Beth Shean), négation complète de la ville palestinienne.

Si certains efforts sont tout de même faits dans ces villes touristiques, par contre absolument rien n’est investi dans des villes comme Ramleh, ou dans la vielle ville, là aussi à majorité palestinienne, la situation économique et sociale est déplorable. Le riche patrimoine architectural tombe en ruine, les habitants arabes vivent dans la précarité, les services municipaux (évacuation des déchets, éclairage public, services sociaux, etc.) ne sont pas assurés. Par contre, ces dix dernières années des projets urbains (qui encerclent les quartiers arabes) ont été mis en place pour loger quelques 18 000 Russes et Ethiopiens juifs nouveaux arrivants.

Population de Ramleh en quelques chiffres:
1922: 8000 Palestiniens, 35 Juifs ;
1949: 400 Palestiniens ;
1998: 10 700 Arabes musulmans et chrétiens, 49 900 Juifs.

Puis nous sommes rentrés par la Vallée du Jourdain, route bordée de petites colonies et d’importantes structures agricoles israéliennes. Deux jours au bord de la piscine à Jéricho bien mérités (surtout par 45°C) et visite du site de Qumran (sous contrôle israélien, comme toujours).

Sources: nos yeux et « Palestine et Palestiniens » Groupe de Tourisme Alternatif (ATG).

Amicalement,
Sandrine


 

CUP adresse